Samedi 26 octobre 20h30 DVV# 15 « Eros, héros et héroines baroques »

ÉROS, HÉROS ET HEROÏNES BAROQUES

Muriel Tomao, soprano & Alain Aubin, contreténor
Ensemble Baroques-Graffiti : Violoncelle baroque, Anne-Sophie Moret, direction et clavecin, Jean-Paul Serra

Le Désir et l’Éros sont omniprésents dans la mythologie grecque. Les hommes et les femmes de l’Antiquité ont-ils eu besoin de s’inventer des dieux à leur image pour mieux se connaître et se comprendre eux-mêmes ?
Des dieux qui n’ont de cesse de frôler les limites de l’interdit, voire de les transgresser.
Ce thème de l’Amour interdit, de l’union contre nature, a alimenté de nombreuses légendes.
Au Siècle des Lumières, librettistes et compositeurs redécouvrent cette source d’inspiration. De nombreux opéras mettent en scène l’Amour impossible et le désir inassouvi.
La musique se fait râle ou soupir. Par leurs voix langoureuses qui s’unissent et se désunissent sans cesse dans un jeu de dissonances, les protagonistes expriment cette attente haletante qui mêle avec subtilité la douleur et le plaisir…  Alain Aubin

Première partie
Georg-Friedrich Hændel (La Halle, 1685 – Londres, 1759) – Langue, geme, sospira, (duetto da camera)
L’absence de l’être aimé, « la mancanza » est le thème principal de ce duo. Langueur, gémissements et soupirs d’amour traduisent la souffrance d’une colombe dont la compagne est partie au loin. Mais lors des retrouvailles, chaque soupir sera changé en baiser…
Solomon, (duo extrait de l’oratorio)
Connu dans tout l’Orient pour sa justice et sa magnificence, le Roi Salomon reçoit la visite de la Reine d’Égypte, suivie plus tard par celle de la Reine de Saba. Mais derrière ces visites se cachent les pires intentions : toutes deux réputées pour leur beauté et leur intelligence, elles sont envoyées par le Pharaon d’Égypte. Leur mission est de séduire le Roi d’Israël, pour découvrir ses points faibles et ainsi mieux le vaincre. Mais l’Amour se révèle plus fort que la guerre et ce sont des pactes de Paix qui seront conclus suite à ces rencontres.
Par ailleurs, la reine de Saba, conquise par la sagesse du Roi, décidera de se convertir avec tout son peuple au Dieu de Salomon…
« Auprès de toi les nuits d’hiver passent vite et les jours d’été sont courts », lui dit-elle dans cette déclaration d’amour et d’allégeance.
Antonio Vivaldi (Venise, 1678 – Vienne, 1741) – Sonate pour violoncelle en La mineur
Georg-Friedrich Hændel – Rodelinda, (duo extrait de l’opéra)
Pour échapper à la mort et au tyran Grimoaldo qui l’a renversé de son trône, Bertarido, roi des Lombards a pris la fuite. Afin de répandre la fausse-nouvelle de sa mort, Grimoaldo fait ériger un monument funéraire à sa mémoire. Rodelinda vient se recueillir sur la tombe de son époux. Mais son intuition lui dit qu’il est encore vivant. Elle conserve malgré tout l’espoir de le revoir. Hélas, lorsqu’il réapparaît enfin, Bertarido est immédiatement arrêté pour être exécuté en secret. Ces retrouvailles tant espérées se transforment en une poignante scène d’adieu.

Deuxième partie
Francesco Cavalli (Crémone, 1602 – Venise, 1676) – La Calisto, acte II, scènes 1 à 3.
Surprenant le berger Endymion pendant son sommeil, la chaste Diane en tombe éperdument amoureuse. Elle le frappe d’un sommeil magique pour pouvoir le contempler à l’envi et s’en approcher sans déroger à son vœu de chasteté. Dans son rêve érotique, Endymion l’enlace. Elle doit le réveiller pour se libérer de l’étreinte. Elle lui fait jurer de l’aimer pour toujours, mais… d’un amour platonique.
Dans une écriture qui fait alterner complaintes, duos langoureux et récitatifs embrasés, Cavalli décrit cette situation dans laquelle les personnages sont confrontés aux limites extrêmes du désir et de l’interdit.
Girolamo Frescobaldi (Ferrare 1583, Rome 1643) – Passacaglia pour calvecin
Christoph-Willibald Gluck (Erasbach, Bavière 1714, Vienne 1787) – Orfeo ed Euridice, acte III
Ayant réussi à émouvoir Hadès et Perséphone, par la seule beauté de son chant, Orphée reçoit la permission exceptionnelle de faire sortir des Enfers son épouse Eurydice pour la ramener à la vie. On lui impose une règle absolue qui lui interdit de se retourner et de l’enlacer, avant d’avoir franchi les dernières portes qui les séparent de la lumière du jour. Reprenant à peine conscience, Eurydice ne comprend pas l’indifférence d’Orphée. Elle lui réclame une étreinte, juste un baiser, ou ne serait-ce qu’un regard… La perspective d’une nouvelle vie sans désir lui semble insupportable ; elle préfère retourner dans le sommeil des morts.
Orphée n’y tenant plus, viole le serment, et se retourne dans un cri d’amour. Hélas, ses bras n’étreignent plus qu’une ombre. A jamais privé de l’amour de sa vie, il n’a plus que son Art comme raison de vivre. Il exprime cette perte définitive dans un des airs d’opéra les plus célèbres, qui met fin à l’âge Baroque et offre une transition vers le Classicisme.

Entrée : 8 & 11€                         BILLETTERIE EN LIGNE
Pass festival 50 & 70€              BILLETTERIE EN LIGNE

Réservation : 09 54 45 09 69

Ouverture du Comptoir à 19h30 – Assiette polysaveurs