Les chanteurs des jardins
« Les chanteurs des jardins »
De notre envoyé spécial à Pékin : Aurélien Lecour
A Beijing, les parcs sont les seuls endroits où il est interdit de fumer, contrairement au métro, aux ascenseurs, aux boutiques et aux restaurants où c’est monnaie courante.
En cette fin d’après-midi de dimanche, beaucoup de monde se promène dans le parc, une bonne part des visiteurs sont des chanteurs ou des musiciens. Les chinois sont très friands de chansons.
Les chanteurs en herbes se retrouvent le dimanche dans les parcs et improvisent des chorales.
Elles sont des dizaines, à tous les coins d’allées de tous les parcs, souvent, elles se jouxtent ; il est difficile d’en écouter une en particulier, les chants des unes et des autres se mêlent au gré des chemins.
Les plus petites comportent seulement 2 ou 3 personnes, a capella ; les plus grosses peuvent réunir une trentaine de personnes, accompagnées par plusieurs instruments.
En général, il s’agit surtout de groupe de 6-8 personnes, chantant au son d’un accordéon ou d’un instrument à cordes local.
L’organisation est étonnante. Les groupes ne sont pas formés de façon formelle, n’importe qui peut s’arrêter, entonner quelques couplets avec un groupe, puis enchaîner avec une partie de Mah-Jong quelques mètres plus loin et reprendre la chansonnette avec un autre groupe.
Ainsi, suivant les airs des musiciens, les uns et les autres vont et viennent, seuls ou en groupe, chantent, dansent, jouent aux cartes, au ping-pong ou au badminton.
Entre les airs, on s’arrête un peu, histoire de faire quelques pas de gymnastique, de tai-chi, ou de marcher en imitant l’allure d’un héron, d’un chat ou d’un serpent. Marcher à reculon sur la pointe des pieds est également très fréquent. Il faut bien entretenir sa forme.
Il faut dire que beaucoup de ces chanteurs sont largement quinquagénaires, ils ne sont pas les moins enjoués. Les jeunes générations sont également assidues à ces réunions informelles et désertent parfois les karaokés pour rejoindre les chorales.
Ainsi, le long des allées, il est possible d’entendre un soliste qui s’entraîne dans un bosquet, un petit groupe qui entonne l’internationale en chinois ; plus loin, une balade traditionnelle interprétée par une méga chorale accompagnée par un synthétiseur et un percussionniste entraîne les danseurs dans de lents tourbillons.
Tout ceci se déroule dans une ambiance de rigolade permanente. La semaine a été dure pour les travailleurs, il est grand temps de s’amuser et de se laisser aller a l’insouciance.
Il fait maintenant sérieusement nuit, les réverbères des parcs ne sont pas très puissants mais les chanteurs restent tard et chanteront jusqu’à la fermeture du parc, 22 ou 23 H.

septembre 21st, 2007 at 00:27
Bonjour,
Nous étions à Beijing, cet été en juillet 2007, en regardant et en écoutant les chants qui résonnent dans la colline du charbon, nous étions très émus de cette simplicité, de cette bonne humeur accompagnée d’authenticité et de naturel. Ils chantent en ouvrant grand la bouche d’une voix forte et touchante, accompagnent ces airs de gestes, de regards complices lors des passages difficiles et surtout y prennent grand plaisir. nous sommes émerveillés d’un tel spectacle tellement attachant qu’il est difficile de devoir le quitter pour rentrer à l’hôtel…heureusement il y a la vidéo pour renouveler le plaisir des oreilles et des yeux, revenus à Paris…